Analyse actualité
Faites-vous partie des retraités qui pourraient voir leur pension désindexée ?
Le Figaro pose la question dans un article en date du 09/06/2026 signé Jean Kedroff : les retraités les plus aisés pourraient-ils bientôt voir leur pension désindexée de l'inflation ? Le sujet, relancé par Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, au micro de Sud Radio, est loin d'être anecdotique. Invoquant la « solidarité transgénérationnelle », le ministre a remis sur la table une idée qui circule depuis longtemps dans les couloirs de Bercy — et qui soulève des questions concrètes pour des centaines de milliers de retraités français. Chez Monetivia, nous avons cherché à comprendre ce que cela signifie vraiment.
Qui serait concerné ?
Le ministre a avancé un seuil indicatif : les pensions supérieures à 3 000 euros bruts par mois. En réalité, ce profil représente seulement 8 % des retraités en France, soit environ 1,3 million de personnes sur 17,2 millions.
Pour mémoire, la pension moyenne nette en France s'établissait à 1 541 euros fin 2023, selon la Drees. La grande majorité des retraités est donc loin du seuil évoqué.
Concrètement, désindexer une pension signifie que celle-ci ne serait plus revalorisée au rythme de l'inflation. Dans un contexte où les prix ont progressé sur un an de 2,4 % en mai 2026 et pourraient continuer à grimper, cela représenterait une perte de pouvoir d'achat réelle et progressive pour les personnes concernées.
Une mesure symbolique, mais aux effets limités
Soyons clairs sur les chiffres : cette mesure, si elle était adoptée, permettrait d'économiser quelques centaines de millions d'euros, selon Bertrand Martinot, expert associé à l'Institut Montaigne. C'est loin d'être négligeable, mais très insuffisant pour combler le déficit structurel du système de retraites, estimé à 15 milliards d'euros par an à partir de 2035 par la Cour des comptes.
L'idée d'une baisse compensatoire de la CSG pour les jeunes actifs — autre piste évoquée par le ministre — serait encore plus coûteuse : la CSG rapporte 155 milliards d'euros par an. Les économies réalisées sur les hautes pensions ne permettraient pas d'en financer une réduction significative.
Ce que cela révèle d'un débat plus profond
Au-delà des chiffres, cette discussion reflète une tension de fond dans notre modèle social : comment répartir équitablement l'effort entre générations, dans un contexte de vieillissement démographique, de pression sur les finances publiques et de retour de l'inflation ?
Chez Monetivia, nous accompagnons chaque jour des retraités et des familles qui réfléchissent à la monétisation de leur patrimoine immobilier constituant souvent leur principal actif. Ces débats sur le niveau des pensions nous rappellent une réalité : la retraite ne peut plus reposer sur une seule source de revenus. Anticiper devient une nécessité.
Le prochain président de la République devra, quoi qu'il arrive, engager une réforme structurelle d'un système qui devra absorber 400 milliards d'euros par an correspondant à la somme de toutes les pensions versées chaque année aux 17,2 millions de retraités français. La désindexation des hautes pensions n'en serait qu'un fragment peut être nécessaire mais insuffisant à lui seul.


